Médecins d’ici et d’ailleurs

Mr et moi habitons dans le nord. Même plutôt au nord du nord. Dans un pays connu pour ses positionnements éthiques et législatifs relativement ouverts, dans toutes sortes de domaines. Nous avons d’ailleurs hébergé il y a quelque temps un couple d’amies qui venaient pour une FIV (impossible pour elles en France), et qui ont eu le bonheur depuis de voir naître leur petite.

La vie ici n’est pas si différente de la vie parisienne que nous avions avant ; pas si différente, mais pourtant si quand même, parfois – par exemple étonnamment depuis une semaine, on vit en plein été sudiste (29°C à l’ombre…) alors qu’on entend des plaintes du côté français ; mais là malheureusement une fois n’est pas coutume (alors on essaie d’en profiter à fond !!), et bon surtout là n’est pas du tout le sujet du jour.

Au fur et à mesure des rendez-vous médicaux, je note quelques différences par rapport à ce que j’ai pu vivre ou lire des pratiques en France ; différences subtiles, parfois presque anodines,  mais qui à mes yeux peuvent changer beaucoup de choses, et surtout influer considérablement sur le quotidien. Il y a du bon et du moins bon bien sûr, comme toujours. Et attention, je ne dis pas que certains points positifs ne se retrouvent pas en France aussi, mais disons que c’est un tout. Donc voici comment ça se passe ici ; en tout cas pour ce qu’on a pu expérimenter jusqu’à aujourd’hui.

La gestion du temps

  • Premier rendez-vous dans un service : on a testé deux fois (avec un déménagement entre temps), et à chaque fois on a eu rendez-vous en gros dans la semaine qui suivait.
  • Lancement d’un protocole : bon là, difficile à dire. On est entré direct dans un protocole de recherche qui a accéléré les choses, avec un démarrage de suite ; sinon je crois que c’était de l’ordre de 2 ou 3 mois pour une IAC.
  • La salle d’attente : alors là, c’est le bonheur total – jamais plus de 5 à 10 minutes d’attente, incroyable ! Comment ils font ? Dans le premier hosto, il y avait même des réglettes pour chaque médecin, où ils pouvaient indiquer s’ils avaient du retard et combien de temps il faudrait attendre – ça n’est arrivé qu’une fois, 20 mn affichées, 15 mn d’attente …

La gestion de l’humain

  • J’apprécie particulièrement que quand on est dans le coin salle d’attente (donc là où, je rappelle, on a généralement à peine le temps de s’asseoir), les médecins et infirmie(re)s qui passent disent systématiquement bonjour – pas à chacun individuellement, hein, faut pas pousser non plus, mais c’est agréable. Même si c’est normal en fait.
  • Je n’ai tilté que récemment, mais je ne sais même pas où ils reçoivent les femmes enceintes. Je n’ai jamais vu un ventre rond dans le service ; tout juste un gamin une fois, qui venait avec ses parents, sans doute pour le petit deuxième.
  • Toujours dans ce coin salle d’attente, les tableaux au mur sont de belles œuvres lumineuses, colorées, où on peut voir plus ou moins directement suggérés des symboles de fertilité. Et il y a une machine à café/thé… gratuite ! Je n’en prends plus – pas le temps de le boire…
  • Quand j’appelle pour dire que ça n’a pas marché, la secrétaire (pas toujours la même d’ailleurs) a toujours un petit mot gentil.

Le côté médical

  • Analyses de sang et spermo pour les bilans d’infertilité : on ne nous a jamais communiqué les résultats. Bon, on en avait déjà fait un paquet en France, donc on en avait sous le coude aussi, mais ici le résultat a toujours été qualitatif : « pas de souci ». Ça a parfois un côté frustrant, on a du mal à avoir un avis critique par rapport à leur diagnostic. D’un autre côté, on n’est pas rentré dans le psychotage des chiffres. D’ailleurs, je ne sais même pas si mon AMH a été analysée. Mais finalement, ça change quoi pour moi ? Si elle était trop basse, ça ne changerait pas nos démarches, ça rajouterait juste du stress, non ?
  • Le protocole IAC : le suivi, ce n’est que des écho endo – très bien là pour le coup, avec une joli vue de l’endomètre et des follicules, les mesures faites en direct et qui du coup satisfont ma soif de chiffres (il en faut un peu quand même !). Mais alors jamais une seule prise de sang. Du coup, c’est quand même beaucoup plus zen au niveau du calendrier – pas besoin de courir au labo le matin, pas besoin d’attendre les résultats le soir pour savoir combien injecter. En même temps, le suivi est forcément moins précis. M’enfin leurs résultats ne sont pas pire que d’autres, alors bon, pourquoi pas !
  • Les piqûres : la question d’une infirmière ne s’est jamais posée. Je ne me suis rendue compte que plus tard que tout le monde ne se fait pas ses injections soi-même. Bien sûr le stylo Puregon, on va dire que c’est presqu’une partie de plaisir… mais la première fois que je me suis retrouvée face à la seringue du Pregnyl… comment dire… gloups. Bon c’est du sous-cutanée, hein, pas de l’intramusculaire. Mais quand même. Et puis il était 23h25, il fallait faire l’injection à 23h30 – et l’heure c’est l’heure là pour le coup, alors je l’ai fait ! Et j’ai survécu, donc tout va bien. Du coup j’ai recommencé plein de fois, parce que c’était trop bien…
  • Depuis qu’on a commencé les IAC (en gros depuis septembre), on n’a vu que des infirmières (ou infirmiers, mais fondamentalement c’est pareil). Aucun médecin. Par contre là c’est vraiment dû au protocole de recherche, qui prévoit 6 IAC – et comme on en a 5 au compteur, au prochain crash, on est bons !
  • Sinon je sens bien qu’on peut poser toutes les questions qu’on veut. Pour moi il y a la frustration de la langue, que je ne maîtrise qu’imparfaitement, et du coup je me limite forcément. Mais comme pour l’instant on se laisse porter, ça me va bien. D’ailleurs dans le premier hosto, ils nous avaient même dégoté un gynéco français, c’était adorable. Ici on est un peu plus au milieu des vaches, c’est moins évident – mais ça me force à baragouiner un peu, ce qui finalement n’est pas plus mal.

Bref ce que j’apprécie surtout ici, c’est le côté humain ; le côté « je ne suis pas un numéro » ; le côté « naturel », enfin moins médicalisé… le côté plus simple quoi. J’ai conscience aussi que le suivi médical est peut-être moins poussé, que l’on a moins d’info à analyser et que du coup il nous faut faire plus confiance au médecin – mais dans la balance, je m’y retrouve.

Et puis ce qui ne gâche rien, c’est que le système de santé est assez proche du système français, et qu’on est bien pris en charge financièrement, ce qui n’est malheureusement pas le cas pour tout le monde ; et ça mine de rien, ce n’est pas négligeable.

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7 commentaires pour Médecins d’ici et d’ailleurs

  1. Coraline dit :

    Ahhh mais c’est un bébé blog… c’est bien ce que je me disais je n’avais jamais vu ton blog !! J’ai checké tes anciens coms pour être sure 🙂

    Je suis tout coeur avec vous dans cette lourde aventure de la PMA ! Pour être passée par là moi aussi, ce n’est pas glam tous les jours, ce n’est pas forcément motivant psychologiquement parlant…. alors on a besoin de soutient !! J’espère que vous êtes bien entourés par votre familles et/ou amis ! En tous cas si ce blog te permets de te décompresser n’hésites pas !

    Je t’ai mise du coup en favoris et je vais te suivre (le plus régulièrement possible…. sachant que mon [avant] dernier post sur mon blog remonte à 5 mois, je ne sais pas si je peux me ranger du coté des régulières lol ^^ mais je vais tout faire pour).

    Courage courage, il en faut ! Mille bisous

    • Kaymet dit :

      Merci Coraline!!! 🙂
      Oui, c’est un tout petit bébé blog – j’aime bien, comme expression tiens 😉
      On est bien entourés, globalement on n’a pas vraiment à se plaindre de ce côtél-là. Et puis j’aime beaucoup le soutien blogo; l’expérience des unes et des autres, c’est très enrichissant et c’est un bon soutien aussi.
      A bientôt!

  2. Alyzeeduvar dit :

    C’est vrai que l’accueil en France est inégal. Ma copine n’est jamais suivie par le même médecin, en voit 2 (!) pour chaue consultation, subit les retards systématiques. Alors que mon centre situé dans le département voisin : toujours un petit mot d’encouragement des secrétaires, attente limitée, médecin très humain et respectueux. Est ce que c’est parce que c’est une clinique privée?? Les dépassements d’honoraires sont conséquents. Mais être bien accueillie n’a pas de prix.
    C’est bien de voir ce qui se passe dans d’autres contrées

    • Kaymet dit :

      Ça me parait toujours tellement injuste qu’en plus des difficultés de départ, on dépende aussi de la « chance » d’être dans un centre compétent/accueillant ou non… Bien sûr, comme tu le soulignes, le côté clinique privée ou hôpital joue aussi, mais ça n’explique pas toutes les différences rencontrées. Et je suis d’accord avec toi, l’accueil, surtout dans ce domaine, c’est inestimable.
      En tout cas ça me fait très plaisir de te lire ici – j’ai pensé à ton petit Rocky ce week-end: j’étais au concert des Brigitte, qui nous ont fait une chouette reprise de « Eye of the Tiger »!

  3. Lily dit :

    Je confirme, ce n’est pas comme ça dans mon hôpital, surtout en ce qui concerne l’attente !
    Lily.
    http://mamansansbb.wordpress.com

    • Kaymet dit :

      Pfff – cette attente sans fin, l’impossibilité de prévoir à l’avance combien de temps un rendez-vous médical va durer, quelle galère!
      Courage pour les attentes à venir…
      Bises

  4. Ping : Un autre monde | unenfantpeutetre

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