Jeux de maux

L’autre jour, j’étais en cours d’espagnol (oui, c’est un passe-temps comme un autre :)), quand survint LA question hebdomadaire : « Qu’avez-vous fait la semaine dernière ? »

Bon, j’aurais pu répondre plein de choses :

J’ai fait un filet mignon en croûte au foie gras (délicieux d’ailleurs !)
J’ai fait une promenade avec Mr dans un petit parc sous des arbres aux couleurs magnifiques
J’ai fait la vaisselle…

En réalité, j’ai répondu que la semaine dernière avait été très difficile pour moi, mais que je ne voulais pas en parler – je n’arrivais pas à penser à toutes ces petites choses insignifiantes, que j’avais aussi faites…

Mais là dans les semaines ou les mois qui viennent, voire les jours d’ailleurs, je vais sans doute me retrouver à dire à un moment ou un autre : « J’ai fait une fausse couche ». Bon. Mais avec mon humour à la noix, si je m’entendais dire ça, j’aurais envie de me répondre : « Oh, mais pourquoi t’as fait ça ? »

Non bien sûr, c’est pas un sujet sur lequel j’ai super envie de plaisanter, et je ne me permettrais jamais de dire ça à qui que ce soit. Mais quand même, on ne pourrait pas décider qu’on ne « fait » pas une fausse couche ? Qu’on la « subit », ou qu’on « l’a eu », ou je ne sais quoi d’autre ? Parce que franchement, c’est un peu culpabilisant comme formulation je trouve…

Enfin, passons. Je ne suis pas sûre que l’Académie française s’intéresse beaucoup à mes états d’âmes.

Sinon, vraiment, ça va mieux. Bien mieux.

Et je sens que je suis en chemin pour envisager et espérer prochainement une VRAIE couche.

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24 commentaires pour Jeux de maux

  1. eve dit :

    J’avais jamais vu ça sous cet angle c’est vrai 😉

  2. J’ai vécu … ? oui moi non plus, je n’avais jamais vu ça sous cet angle, mais je n’ai jamais … vécu … ça non plus … et d’ailleurs, je ne me le souhaite pas hein 😉 heu… j’aime pas non plus le terme « vraie couche » ^^ parce que qui dit vrai dit faux … alors je vais préférer « une grossesse épanouie » 🙂
    je suis contente, vraiment, que tu ailles mieux … et en fait, j’ai hâte de te voir à nouveau en route 🙂 bisous ma belle ! magnifiques photos

    • Kaymet dit :

      Je suis d’accord avec toi, ‘vraie couche’, ça ne sonne pas top… mais mon interprétation de cette expression (trafiquée, je suis d’accord), c’est qu’une vraie couche serait l’accouchement d’un enfant bien vivant!
      Sinon pour l’instant, je ne suis pas encore tout à fait en route, mais déjà sur la route 😉
      Bises

  3. Tant mieux, si tu vas mieux…Bonne suite eet bises!

  4. Lulu dit :

    Je te reconnais bien, là !
    Bravo ma belle.

  5. Mais tu as tout à fait raison! Et les mots que l’on emploie, les formulations construites véhiculent un sens en elles-même, parfois bien malgré nous.
    Je suis très sensible à ces nuances sémantiques, merci d’avoir attiré mon attention sur celle-ci!
    Des bises, bonne fin de semaine aussi douce, chaude, moëlleuse, délectable que ton pâté en croûte!

    • Kaymet dit :

      Merci ma Linette!
      Les mots parlent souvent bien plus qu’on ne le pense. J’aime aussi chercher les sens cachés, et les sous-entendus involontaires…
      Tout plein de bises à toi

  6. Waiting Line dit :

    Les mots sont parfois maladroits sans qu’on le veuille…
    Je ne « fais » pas d’espagnol mais je sais qu’attendre se dit « esperar » et ça c’est joli non?
    Sinon très joli ton arbre de vie… tu es sur le bon chemin ma belle, je t’envoie de « good vibes ».

    • Kaymet dit :

      Oh oui! J’adore ce mot « esperar », je trouve ça vraiment très beau.
      Et j’aime que tu baptise cet arbre, l’arbre de vie. C’est tout à fait ce que j’ai ressenti, en mettant mes mains contre son tronc.
      Merci pour les « good vibes » et tout plein de bonnes choses à toi!

  7. odileke dit :

    Il n’y a même pas de mot pour désigner une femme qui a perdu un enfant.
    Il faudrait pouvoir dire, mais la bienséance, la pudeur, les conventions, la gêne l’en empêchent :
    je souffre d’avoir subi une fausse couche (miscarriage en anglais)
    j’ai mal d’avoir perdu les embryons qui étaient dans mon ventre
    j’étais si heureuse d’être enceinte, et maintenant je suis malheureuse de ne plus l’être
    j’ai fait une fausse couche, et j’ai subi un curetage sous anesthésie
    je ne suis plus enceinte et j’ai mal
    l’embryon qui était en moi à ma plus grande joie n’ a pas vécu
    La liste est longue de ces périphrases que l’on a envie de crier.
    Je pense bien à toi.

    • Kaymet dit :

      C’est vrai, il n’y a pas de mots (comme dans la chanson de Linday Lemay ‘pas de mots’).
      Je pensais ne plus avoir de larmes, mais tes mots m’ont montré le contraire – c’est rassurant quelque part 🙂
      Bises et merci

  8. Je suis bien d’accord avec toi.je suis trop contente que tu ailles mieux!ai hâte de te lire davantage.je t’embrasse

  9. La fille dit :

    C’est tout le paradoxe de la langue française. On fait une fausse-couche mais on tombe enceinte. Dans nos deux cas, on peut même pas dire qu’on a fait une fausse-couche, on nous l’a faite à base de médicaments pour moi et de curetage pour toi. Biz

    • Kaymet dit :

      Ça m’a pas mal perturbé ce que tu m’as dit… c’est vrai qu’en fait on ne peut pas vraiment dire qu’on ait fait une fausse couche. Du coup, je ne sais pas comment présenter les choses (bon, c’est pas non plus un casse-tête quotidien, faut pas déconner); en gros quand j’ai eu à l’expliquer j’ai dit que j’avais été enceinte, mais que la grossesse s’est interrompue.
      Bises

  10. Lily dit :

    C’est vrai que l’expression est malheureuse. Dans le même ordre, je déteste « avortement spontané ». D’habitude, la spontanéité, c’est positif, joyeux. Alors que là, ça te prend par surprise et tu as du mal à trouver ça naturel.
    Contente que tu remontes doucement.
    Bisous.
    Lily.

  11. Dame Ambre dit :

    Cet arbre est une splendeur.. l’automne est décidément une saison magnifique, la mort se pose en délicatesse sur la nature, l’hiver blanchi l’acceptation, pour revenir ensuite dans toute sa beauté au printemps.. un cycle extraordinaire. Un deuil, plus rapide que pour nous humain..

    Je crois, que plus qu’une fausse couche et afin de changer ce « j’ai fait », l’on peut dire, j’ai perdu un bébé. Parce que c’est ça, finalement, si on enlève la pudeur derrière ce mot « faux ».

    Bien des pensées.

    • Kaymet dit :

      Merci Dame Ambre et bienvenue par ici. J’aime ta façon de voir les choses. Le cycle de la nature, dont on devrait bien s’inspirer plus souvent.
      Et oui, on a perdu un bébé; c’est vraiment ça en fait.
      Merci pour tes pensées
      Bises

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