Jody Day – une vie sans enfants

J’aime beaucoup les interviews que fait Catherine-Emmanuelle Delisle, sur son blog dont j’ai déjà parlé. Il y en a de toutes sortes. Certaines femmes qui n’ont jamais souhaité avoir d’enfants, d’autres qui n’ont pas pu ou alors ça ne s’est pas présenté. Toutes ont un éclairage intéressant et j’aime la façon dont Catherine-Emmanuelle les questionne et la façon dont chacune se livre.

J’ai également découvert récemment via son blog l’intervention de Jody Day sur le thème ‘creating a meaningful & fulfilling life without children’ (créer une vie significative et accomplie sans enfants). Je trouve que cette femme dégage une énergie magnifique, et je voulais partager cette petite vidéo.

Je vous en livre ici un petit extrait :

‘I don’t think you have to have a big life on the outside to be a childless woman. But I do think you need to have a big life on the inside. You need to have the support of your sisters because there’s so much social prejudice against us at the moment, that is often invisible to people who either aren’t in this position or who are mothers.
We lose our friends – our friends will move to this country called motherhood where we can’t go and we don’t speak the language. We’re seen as the weirdos, we’re left out of parties. We end up as sort of social pariahs – just because of an accident of biology or timing… or not meeting the right person at the right time.
So if you are a childless by circumstance woman, you need your sisterhood.’

‘Je ne pense pas qu’il faille avoir une grande vie à l’extérieur lorsqu’on est une femme sans enfant. Mais je pense qu’il nous faut avoir une grande vie à l’intérieur. Il faut avoir le soutien de ses sœurs parce qu’il y a tellement de préjudice social contre nous en ce moment, qui est souvent invisible aux yeux de ceux qui ne sont pas dans cette situation ou qui sont mères.
On perd nos amis – nos amis partent vers ce pays qu’on appelle le pays des mère, où on ne peut pas aller, et dont on ne parle pas la langue. On est considérées comme des personnes bizarres, on est exclues des fêtes. On finit par être une sorte de paria social – simplement à cause d’un accident biologique ou d’un mauvais timing… ou parce qu’on n’a pas rencontré la bonne personne au bon moment.
Alors si vous êtes une femme sans enfant ‘par circonstance’, vous aurez besoin de solidarité féminine.’

C’est tellement vrai tout ça. Et cette solidarité féminine dont elle parle est tellement présente via vous toutes – que je voulais vous dire un GRAND MERCI, à chacune d’entre vous.

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22 commentaires pour Jody Day – une vie sans enfants

  1. laceriserose dit :

    VERY interesting !

  2. lisette84 dit :

    Je me posais cette question récemment… Comment donner du sens à nos vies sans enfant, alors que ce n’est pas un choix. En fait la question se pose aussi pendant cette période d’attente où le sens devient vite « attendre », ce qui n’est pas très constructif. J’avoue que j’ai du mal à y réfléchir car je ressens encore trop d’angoisse à imaginer ma vie sans enfant, et je n’ai pas envie de croire que ça pourrait être le cas, pour le moment. Je crois que si je devais me trouver devant le fait accompli, la certitude que je n’aurais pas d’enfant, je réfléchirais autrement. Je crois que je changerais beaucoup de choses dans ma vie et que je créerais des projets pour les autres. J’ai du mal à voir un sens possible à ma vie si elle est centrée sur un accomplissement uniquement personnel. Peut être un tort 🙂

    • Mme G dit :

      Lisette, moi j’ai décidé de tout arreter. Je n’ai pas fait de fiv, ni de iac. J’ai tout arreté bien avant. Et je ne le regrette pas. Pour moi, pour nous, c’était le meilleur choix, au moins pour le moment. Ne croyez pas que c’est facil, ne croyez pas que l’acceptation vient vite. Peut-être, dans mon coeur, il y a encore un petit espoir, mais je cherche de l’annuler.
      Je ne veux pas faire des projects speciaux, je ne veux pas changer ma vie. Je veux être une bonne épouse, je veux me consacrer à ma petite famille de deux personnes.
      De tout facon, mon infertilité est toujours là, j’ai simplement decidé de l’accepter au lieu de la combattre. Je n’aurai pas d’enfant, mais ma vie continuera avoir un sens.
      P.s. Ce sont des considerations personnelles, je ne juge pas vos choix.

      • Kaymet dit :

        Bienvenue par ici Mme G et merci pour ce témoignage – c’est un choix tellement difficile et tellement personnel. Et en même temps partager ce choix avec les autres permet aux unes et aux autres parfois d’avancer dans leurs réflexions, d’envisager différents possibles. Je te remercie donc de tout cœur de donner ici ton point de vue.
        Bises et tout plein de bonheur à vous deux.

    • Kaymet dit :

      C’est vrai que dans ce parcours, il y a tellement de phases d’attente et de ‘mini’ réussites (quand on se réjouit d’avoir des beaux follicules par exemple!), qu’on en arrive même à oublier le vrai sens de tout ça et l’objectif d’un bébé, en chair et en os, à la fin. Parce qu’il est tellement fictif cet enfant, qu’on a du mal à lui donner corps (au final même au sens propre…).
      Mais il n’y a aucune obligation (ni aucune incitation de ma part via mon billet) à réfléchir à la vie sans enfants. Chacun et chacune suit son parcours à sa façon, et se projetant de différentes manière. Et il n’y a ni bonne ni mauvaise réponse face à tout ça.
      En tout cas, je te souhaite fort de n’avoir jamais à te poser cette question-là.
      Bises

  3. Plume dit :

    Merci de diffuser la voix de ces femmes. C’est tellement intéressant d’avoir un autre point de vue sur la vie de femme. Faut il avoir obligatoirement des enfants pour se réaliser en tant que personne ? Je reste persuadée du contraire malgré le fait que je m’approche a petit pas d’une vie de mère…

    • Kaymet dit :

      Oui je trouve ça aussi très intéressant. Et ce quelle que soit notre situation au final – mère ou non.
      Je ne pense pas qu’il faille obligatoirement des enfants pour se réaliser, mais ce que l’on fait de notre vie et la façon dont on le fait (et l’énergie que l’on y met) sera forcément différent si on a des enfants ou si on n’en a pas. Le plus difficile dans l’histoire est d’être dans une situation que l’on n’a pas choisie, alors que la très grande majorité a cette possibilité, de choisir. Finalement, les femmes qui ont des enfants sans en avoir voulu doivent aussi parfois être dans la difficulté d’une vie qui n’est pas celle qu’elles auraient souhaitée, qu’elles soient celles qui élèvent leurs enfants ou non. La vie nous trimballe parfois par d’étranges parcours.

  4. gribouillette dit :

    Tout comme Lisette, je n’envisage pas ma vie sans enfant. Pour moi c’est inconcevable et je refuse de l’envisager. Je ne crois pas que je pourrais me relever, continuer à vivre, préserver mon couple. Je ne pourrai pas faire face. Impossible.

    • Kaymet dit :

      Gribouillette, comme je le disais à Lisette, mon post n’est aucunement une incitation à envisager une vie sans enfants. Je comprends complètement que ce ne soit pas concevable, et d’ailleurs il y a toutes les raisons pour que tu aies une famille peuplée de petits bouts (qui j’espère arriveront très bientôt).
      Pour ma part, c’est après de longues années d’attente et d’essais que j’ai commencé à envisager (non sans mal) cette option, et aujourd’hui, même avec un petit bout qui grandit en moi, je continue à m’intéresser à ces vies parallèles auxquelles la mienne aurait pu ressembler.
      Bises ma belle

  5. loLo dit :

    C’est rigolo, j’ai regardé cette vidéo il y a deux ou trois jours… merci pour l’extrait traduit parce que j’avoue ne pas tout avoir compris. Je m’étais dis qu’en France, il n’y a pas suffisamment de site « dédié » aux couples sans enfants (par non-choix en tout cas) ou alors je ne les ai pas trouvés… (à part celui d’où vient cette vidéo). Je comprends l’anglais mais pas suffisamment pour les sites anglophones que j’essaie de suivre tant bien que mal. Elle parle de 10% de femmes sans enfants… (en angleterre peut-être ?!) , perso je crois bien que 99 % des femmes de mon entourage (famille/amies) sont mères. C’est très difficile à vivre en plus du reste (de sa propre infertilité toussa…), je me sentirai je pense « mieux » si je pouvais discuter de ma condition de « non-mère » avec d’autres femmes qui sont dans le même cas, je parle de celles qui ont pris la décision ferme et définitive de renoncer…

    • Kaymet dit :

      Je suis d’accord avec toi loLo, il y a très peu de sites francophones consacrés au sujet de la vie sans enfants par non choix.
      Dans la vidéo, je crois même qu’elle parle d’une femme sur 5 qui serait sans enfants… je me suis demandé aussi si c’était plus le cas en Angleterre qu’en France, mais j’ai trouvé des chiffres qui indique un taux de natalité comparable dans les deux pays.
      Dans mon entourage, je connais au moins 4 ou 5 femmes de mon âge qui n’ont pas d’enfants – et qui a ma connaissance ne sont pas passées par la PMA; c’est plutôt l’histoire de leur vie qui a fait qu’elles n’ont pas eu d’enfants (certaines d’entre elles pourraient certes encore en avoir, mais je pense que ce ne sera pas le cas pour la plupart). En fait les histoires des unes et des autres sont tellement différentes qu’on ne se retrouveraient sans doute jamais autour d’une table à discuter du sujet des enfants (j’en ai parlé avec l’une d’entre elles, qui aurait bien aimé, mais ses histoires de couple étaient toujours un peu compliquées – et elle s’est même retrouvée à deux reprises à faire une IVG car sa situation de couple rendait l’arrivée de cet enfant difficile…). Du côté de la famille et de la génération au-dessus, je connais aussi au moins 2 femmes qui j’imagine auraient aimé avoir des enfants, mais qui n’en ont jamais eu (mais il y a assez peu de chances que je parle de ce sujet avec l’une ou l’autre).
      Les choix et les histoires de chacune sont basés sur des fondements tellement différents, qu’il est rare finalement de croiser quelqu’un qui soit dans une situation comparable à la nôtre et avec laquelle on puisse échanger là-dessus. Et je suis d’accord avec toi: ça manque cruellement. Heureusement qu’il y a les blogs quand même, mais comme tu dis il n’y en a pas ou si peu qui parlent des femmes sans enfants. Je pense qu’à l’avenir, ça va changer, il y en aura davantage…
      Bises tout plein

  6. Bichon Rose dit :

    Cela m’arrive d’y penser, vivre sans enfant … Cela me terrifie énormément, je me dis que je n’y arriverai pas, que je ne m’en relèverai pas. Au fond, je sais que si ça devait arriver, je n’aurai pas le choix de faire avec ou plutôt sans … Il y a quelques temps, j’ai décidé de ce que je ferai si je devais ne jamais avoir d’enfant, je me consacrerai à la cause animale, je m’y consacre déjà, mais je m’y consacrerai encore plus. Avec ou sans enfant, ma vie est faite pour aider les animaux et je sais que Bichon a la même conception des choses que moi. Pour l’instant je garde espoir que l’on soient parents un jour.
    Bises

    • Kaymet dit :

      C’est justement parce que cette option me terrifiait que j’ai commencé à lire les blogs des femmes sans enfants; en quelque sorte pour apprivoiser cette peur, et pour mettre un peu de concret sur ce que ça signifierait. Parce que c’est souvent l’inconnu qui fait peur. Il n’empêche que s’y intéresser, lire les expériences des autres, c’est certainement très différent du fait d’y être réellement confronté.
      Quoi qu’il en soit, je partage ton espoir Bichon Rose, et je te souhaite de tout cœur que vous soyez parents bientôt avec ton Bichon.
      Bises

  7. Plus l’attente grandit, plus cette issue me terrifie, plus je flippe, moins j’accepte. En lisant les com’, ce qui me fait écho c’est que si… cela implique un changement de vie. Lisette et Bichon parlent de se tourner professionnellement vers les autres. De mon côté, c’est déjà mon job. Et par conséquent, je ferais exactement l’inverse. Un truc pour penser à moi. Tout ça pour dire, que le si…. induit un retournement de vision de la vie… indigeste plus j’avance. En tout cas, c’est quand même rassurant de voir et écouter ces dires, plus mûrs que mes propres reflexions. merci Kaymet de relayer et de me faire avancer ! Portes toi excellemment bien ! Bises

    • Kaymet dit :

      Oui ce ‘si’ est terrifiant… et ces réflexions font avancer, quelle que soit notre histoire à venir.
      Ton histoire à toi, aujourd’hui, elle est avec la petite vie qui grandit doucement en toi – et ça me réjouit énormément.
      Bises

  8. La fille dit :

    Ah la vie sans enfants. J’y pense. Ca me fait moins peur qu’à une époque. Et je remercie toutes ces femmes de nous monter qu’une autre vie est possible. Je ne sais pas ce que je ferai si la pma ne marche pas. Mais j’aime l’idée qu’il faut une vie intérieure très riche. Ça me plait.

    • Kaymet dit :

      Oui je trouve ça super ces témoignages de femmes qui montre qu’une autre vie est possible. C’est tellement précieux.
      Bises ma belle, j’espère que tu vas bien

  9. odileke dit :

    Une amie homo, qui a 50 ans aujourd’hui, me disait il y a deux ans, qu’à l’âge de 42 ou 43 ans, ne pas avoir d’enfant était une énorme souffrance dont elle pensait ne pas se remettre (pour info,elle ne voulait pas se lancer dans la PMA avec donneur de sperme…). Le temps a passé, la douleur s’est estompée, elle a continué à avoir des projets et une vie de couple sympa, et elle me dit que maintenant elle n’y pense plus, la terreur de ne pas avoir d’enfant est partie…Apaisement total.
    Je ne dis pas ça pour généraliser sur le fait que la vie sans enfant devient supportable à un âge-période ménopause, mais ce témoignage m’a rassérénée, à l’époque je me suis dit que tout en me battant pour avoir des enfants par FIV, à plus de 40 ans, je pourrais en même temps continuer à vivre avec des projets de vie. Ma phrase est redondante, mais « projet de vie » ne signifie pas seulement projet de donner la vie.
    Il faut reconnaître que c’est un deuil, comme quand on perd un proche, on pense qu’on ne se relèvera pas : moi-même j’ai perdu ma petite soeur quand j’avais 7 ans (tiens,tiens, infertilité si inexpliquée ?), et mon grand frère il y a 4 ans. Par deux fois, j’ai encaissé la mort, et que dire de mes parents qui ont perdu 2 enfants… et bien, on se relève, on peut être à nouveau heureux.Il ne faut pas anticiper un éventuel malheur éternel, car on a toutes des ressources phénoménales et une réserve d’amour à donner et de projets à mettre en oeuvre.Ne pas s’auto-terrifier, se faire peur, ne pas s’enfermer dans un pire à venir.

    • Kaymet dit :

      Merci pour ce témoignage Odileke, c’est tellement important de partager ce genre d’histoire, parce que c’est si rare comme témoignage! C’est vrai que ça rejoint quelques commentaires de femmes que j’ai pu lire sur le site ‘Life without baby’, qui ont aussi la cinquantaine, et qui disaient qu’avec le temps la douleur s’estompe considérablement.
      Je suis désolée de lire ces traumatismes par lesquels tu as dû passer – ça a dû être terrible. La personne la plus proche de moi dans ma famille que j’ai perdue (en dehors de mes grand-parents mais je les ai très peu connus) était une cousine; et sa mort m’a réellement traumatisée pendant un certain temps qui doit se compter en années.
      Mais tu as raison, on a toutes des ressources et une réserve d’amour et de projets – et même s’il y a des moments où on a l’impression qu’on n’arrivera plus à y accéder, l’énergie revient un jour.
      Tout plein de bises à toi – j’espère que ton dos va mieux.

  10. loralune dit :

    Bpnjour , savez-vous si le livre de Jody DAY va être traduit en français? 🙂 merci

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